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Quel modèle économique pour les médias en ligne?
Écrit par Isabelle Gobbo   
Lundi, 19 Avril 2010 13:35

 

Depuis l’avènement d’Internet, nombre de journaux traditionnels se sont lancés dans l’aventure du web. Par conséquent, les formules d’abonnement se sont diversifiées et proposent toute une série de possibilités.


Tout le monde en conviendra ou presque, un journal en ligne entièrement payant, ça ne vend pas. L’expérience en a coûté au quotidien espagnol El País, qui en 2002 avait décidé de faire payer les internautes qui souhaitaient accéder au contenu de son édition électronique. Le résultat fut une diminution spectaculaire du nombre de visites sur son site. Un phénomène qui profita à son rival El Mundo, disposant d’un site entièrement gratuit, qui devint le numéro un de la presse numérique espagnole. El País décida donc en 2005 de revenir sur sa décision et de permettre l’accès gratuit à la majorité de son contenu.
Malgré cette constatation, le New York Times a annoncé dernièrement qu’il comptait passer à un système payant d’ici l’année prochaine, appelé "pay wall". L’idée serait de faire payer les utilisateurs à partir d’un certain nombre d’articles consultés. Un mouvement initié par le magnat de la presse Rupert Murdoch, qui lui aussi prévoit de rendre payants une partie des versions en ligne de ses quotidiens britanniques, le Sun et le Times. Selon lui, depuis l’arrivée du web, ce ne sont pas les journaux qui sont dépassés mais plutôt certains éditeurs, reporters et propriétaires de médias qui oublient le plus important, c’est-à-dire le lecteur (écouter le discours de Rupert Murdoch)

Qu'en est-il chez nous?

En Belgique, pour le moment, pas de rumeurs d’articles payants mais un système appelé "freemium", qui combine accès gratuit et espace premium réservé aux abonnés. Ce fonctionnement est largement répandu parmi les journaux traditionnels qui se sont lancés dans une version en ligne, et ce dans de nombreux pays, tels que l’Allemagne et la France.

Dans le cas de La Libre Belgique par exemple, il est possible de contracter un abonnement papier, accompagné automatiquement d’un abonnement en ligne, ou uniquement un abonnement en ligne. Celui-ci a ses avantages, comme l’explique Nathalie, employée du service d’information sur les abonnements de la Libre. "L’abonnement en ligne coûte moins cher et permet aux adhérents de consulter la version PDF du journal imprimé. De plus, le journal du jour est disponible dès 6h30 et l’abonné peut consulter toutes les éditions, contrairement au journal papier qui n’offre que l’édition de la région." Mais ce système ne fait pas l’unanimité. "Certains n’aiment pas lire le journal sur un écran d’ordinateur, ils préfèrent la sensation du papier. Et ce ne sont pas que des personnes âgées qui sont dans le cas, on trouve des adeptes de la version imprimée de tous âges."


Le Soir, quant à lui, propose une formule légèrement différente. Depuis mai 2009, tout abonnement papier est accompagné d’une carte donnant accès au Club du Soir, un portail accessible aux internautes qui souhaitent s’abonner, et aux membres qui peuvent gérer leur abonnement et profiter de toute une série d’avantages qui y sont liés. Cependant, "il ne faut pas confondre le Club du Soir et lesoir.be", explique Géraldine, collaboratrice au service abonnements du Soir. En effet, "le Club du Soir n’existe que si la personne contracte un abonnement papier. Un abonnement uniquement à l’édition PDF en ligne est possible via lesoir.be, mais on perd alors l’accès au Club du Soir." De quoi encourager l’abonnement à l’édition imprimée. "Les gens prennent plutôt un abonnement au Soir papier, car ils bénéficient automatiquement d’un accès au Soir en PDF." Pour La Libre comme pour le Soir, il est également possible d’acheter le journal PDF à l’unité par SMS, une option spécialement conçue pour les lecteurs occasionnels.

Que ce soit "freemium" ou "pay wall" qui ait sa préférence, la presse traditionnelle n’a pas encore trouvé de système infaillible lui permettant aussi bien de rendre ses contenus en ligne accessibles gratuitement à tout moment, que de générer des revenus.

Isabelle GOBBO