Home Le journalisme citoyen est-il encore du journalisme? Participation citoyenne et nouvelles technologies
Participation citoyenne et nouvelles technologies PDF
Journalisme citoyen
Écrit par Nicolas Streel   
Lundi, 08 Mars 2010 00:15

 

Les nouvelles technologies représentent un bon indicateur de l'intérêt porté par le public aux informations. Les canaux variés possèdent chacun leurs règles, leurs possibilités et leurs dérives.


Les forums et les réactions des internautes sont une bonne occasion de mesurer l'intérêt des gens pour un fait d'actualité. Les grands événements et le sport recueillent un florilège de réactions tandis que les faits d'actualité moins intéressants pour le plus grand nombre passent un peu à la trappe sur les forums.
La participation n'est que rarement cohérente et intéressante. Elle se limite le plus souvent à atteindre le plus rapidement un point Godwin. Néanmoins, en certaines occasions, on peut noter que les citoyens enrichissent l'information en faisant part de leurs réflexions, leurs recherches ou leurs connaissances, et mettent en exergue une donnée importante qui serait passée sous le nez du journaliste. La clé de compréhension d'un article peut venir d'un commentaire intéressant qui apporte un éclairage nouveau à l'événement.
Dans un autre registre, les commentaires sur les blogs de personnes sérieuses, souvent des experts, s'avèrent être souvent aussi intéressants que l'article écrit par le journaliste, citoyen ou pas. De fait, les individus qui prennent le temps de commenter sont parfois spécialistes du sujet et amènent une vérité nouvelle sur la table des discussions avec le journaliste et les autres internautes. Malheureusement, ces cas ne sont que des minorités.

Relais de l'information

Une chose est beaucoup plus répandue, par contre : les réseaux sociaux tels Twitter ou Facebook. A l'aune de la médiatisation d'un fait d'actualité sur ces sites, il est possible de déceler ce qui intéresse les citoyens, ce qu'ils aiment et ce qu'ils pensent qui intéressera leurs amis et contacts. C'est un média résolument centré sur le citoyen par l'intermédiaire de ce qui le touche directement, encore plus que les médias classiques. Les moyens de propagation de l'information sont élargis. La diffusion est plus simple : Facebook possède une publication de liens d'articles, images, vidéos ou pistes audio, par exemple.
Les avancées technologiques ont permis la création et le développement de ces médias participatifs pour arriver à une situation d'interaction entre ces sites et les médias classiques ainsi que la vie publique. Des informations se trouvent médiatisées et surmédiatisées par le web 2.0, comme Facebook ou Twitter, et en découlent les divers “ buzz ” auxquels on a pu assister.

Dérive virtuelle aux conséquences réelles

Une histoire intéressante montre bien les liens entre les sites de socialisation et les pratiques quotidiennes des personnes à travers le monde. En Iran, Neda Agha-Solta a été tuée en juin dernier lors des manifestations de Téhéran, elle est entretemps devenue “l'ange de l'Iran” en raison de la vidéo faite grâce à un téléphone portable : on la voit en train de se vider de son sang.

 

Dim lights Embed Embed this video on your site

 

Depuis, elle est devenue une martyr, symbole de la protestation contre le président Ahmadinejad. Sa photo de profil Facebook  est devenue l'image utilisée pour nombre d'affiches révolutionnaires. Mais il y a un problème : la Neda dont la photo a été prise sur le site de socialisation n'était pas la bonne, il s'agissait de Neda Soltani, une enseignante qui n'a pas pris part à la manifestation. Les noms proches ont provoqué la confusion de l'internaute qui a utilisé la photographie. L'image a circulé via Twitter et s'est ensuite retrouvée dans les agences de presse et les grands médias internationaux. Depuis, elle a tenté de faire cesser la méprise mais cela n'a fait qu'empirer la chose sous la rumeur de censure du régime iranien.

 

Neda Agha-Soltan Soltani

 

Neda Soltani a du s'exiler en Allemagne en raison des pressions du régime iranien. La BBC est la seule chaîne à avoir reconnu son erreur parmi les médias internationaux et a publié un texte en ce sens sur son site qui fait part “ du danger pour les médias d'utiliser les images tirées des réseaux sociaux ”.

Nicolas Streel