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Web 2.0 et pratiques journalistiques
Écrit par Pierre Julien Dechassat   
Lundi, 15 Mars 2010 18:43

Le 11 Mars dernier, à la une du Monde.fr figure un article intitulé "Yves Jégo cumule les gaffes sur le Net". Un clic plus tard et le lecteur se retrouve sur la page d'un blog, bien loin des codes traditionnels du journalisme.

La notion de Web 2.0 est en perpétuelle évolution. Le blog indépendant d'hier ne ressemble plus vraiment aux plateformes interactives d'aujourd'hui. Cette réalité, certains sites d'information généraliste l'ont bien saisie. C'est le cas du désormais célèbre Rue89 où les publications sont , dans leur intégralité issues de blogs participatifs. Dans le cadre des médias de la presse francophone, le constat est identique. En France, le site de Libération héberge de nombreux blogs professionnels ou amateurs à l'image des  très suivies Coulisses de Bruxelles du journaliste Jean Quatremer.

 

 

Depuis quelques mois le site du Monde s'est à son tour mis à la page en donnant carte blanche ou presque aux abonnés du quotidien en ligne.Ce Monde interactif propose donc de publier infos, photos et vidéos sur un large panel de thèmes, du sport à l'actualité en passant par l'art et les voyages. A des lustres du simple commentateur, Jean Marc Manach, blogueur-pro plus que journaliste est l'un de ces acteurs actifs.

 

 

Sur Bug Brother, il décortique la web-actualité et son rapport avec l'information en prenant position sur des sujets aussi sensibles que la protection de la vie privée à l'heure d'internet ou la vidéosurveillance. Cette semaine son article Yves Jégo cumule les gaffes sur le Net s'est retrouvé en première page du site internet du Monde.  Une position assez étonnante de la part d'un quotidien français de référence pour un post de contributeur . D'aspect extérieur, rien ne distingue cette information des autres titres du jour. La photo du chapeau est  assez classique, le titre lui, un peu moins.

 

Gaston Lagaffe + Twitter = 2.0 ?

 

Une fois sur l'article proprement dit, le changement de décor est total. Cette fois c'est Gaston, le personnage de Franquin  qui nous accueille. Situation assez rare lorsqu'il s'agit de parler politique dans un média réputé sérieux. Sur la page, tous les ingrédients théoriques du Web 2.0 sont au menu de l'internaute. L'article regorge d'hyperliens, de captures d'écrans et de liens twitter. L'interactivité y est à son apogée renforcée par la présence de commentaires des lecteurs. Échappant aux critères théoriques du média, l'article dénote par son manque de sobriété, son ton incisif, en marge du style de rédaction traditionnel.Même si l'abondance de liens peut nuire à la lisibilité pour le web-lecteur non averti, la richesse du propos est décuplée par la multiplicité des sources.

 

 

S'il apparait clairement que l'article aurait eu du mal à être publié dans le journal papier , ce dernier trouve parfaitement sa place sur la toile. Et c'est par ce biais que le Web 2.0 prend tout son sens. Volontairement en décalage des repères du journalisme, le 2.0 est à l'heure du règne des agences de presse une vraie alternative pour l'information. Faut-il y voir pour autant une nouvelle relation entre les sites d'informations et les contenus produit hors rédaction ?

 

 

Pierre-Julien Dechassat