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"Multiple médias" et journalistes à tout faire
Écrit par Magda   
Lundi, 22 Mars 2010 14:58

 

L’Université Libre de Bruxelles  enseigne les spécificités du journalisme en ligne ainsi que ses défis. Une méthode qui semble porter ses fruits et convertit les étudiants en journalistes polyvalents.

Du coté du Solbosch, et plus précisément au onzième étage du bâtiment D, on forme des « Rémy Bricka» depuis belle lurette.
Les étudiants en journalisme touchent, en effet, à tout. Ils manient la plume et manipulent des caméras, des micros ainsi que des souris d’ordinateurs.

« Le journalisme en ligne implique  une certaine finesse au niveau de la rédaction. Il suppose aussi le respect d’un format spécifique et la création d’hyperliens », commente Jean-Jacques Jespers d’une voix posée. Internet n’est, néanmoins, qu’un outil. Le journalisme en ligne, à l’instar du télévisuel ou de la presse imprimée, est avant tout... du journalisme. Et l’ULB « vise principalement à former de bons journalistes », insiste le président de la section en question. Recouper ses sources, apporter une valeur ajoutée à l’information, tirer des leçons de l’actualité,  porter les enjeux sociaux, politiques et économiques à la connaissance du public : telles sont les injonctions !
A l’ULB, le futur journaliste apprends à produire une information crédible et de qualité quel que soit le média.
La pratique du journalisme « on-line » requiert la maîtrise de matières qui ne sont, certes, pas au programme de l’université.
Interrogé à ce sujet, Jean-Jacques Jespers réplique: « Certaines spécialités doivent être réservées aux experts. Produire de bonnes photos de presse n’est pas donné à tout le monde ». En ce qui concerne le Néerlandais, qui peut se révéler utile lors de l’élaboration d’une « revue web », il précise : « On table sur l’autonomie de l’étudiant. S’il estime qu’il a des progrès à accomplir, libre à lui de combler  cette lacune»
L’université compte 40% d’étudiants étrangers. Il n’est, dès lors, pas question d’imposer cette langue. 

Un enseignement efficace ?

 

Claire Huysegoms est une jeune fille talentueuse, dynamique et sympathique. Sortie de l’ULB en 2009, elle s’est penchée avec passion sur la question de la radio en ligne lors de l’élaboration de son mémoire. « Je n’étais pas vraiment une ''geek'' au départ », confie-t-elle, l’air espiègle. Le cours d’Internet et Multimédia lui a, cependant, plu d’emblée. Bien que les rédactions belges n’exploitent pas « Dreamweaver », l’utilisation de ce logiciel lui a appris à manier la souris avec habilité. Son intérêt pour les nouveaux médias est ensuite allé crescendo pour atteindre son paroxysme lorsqu’elle a été nommée rédactrice en chef au journal SIC. « C’était une expérience incroyable ! Il fallait apporter de nouvelles idées tous les jours. Les assistants laissaient faire… Une liberté qui rimait, en réalité, avec responsabilité. », se souvient-elle, le sourire aux lèvres. Lasse d’alimenter le journal d’illustrations provenant d’autres sites, elle s’est lancée dans une collaboration avec l’Inraci afin d’y inclure des photos de qualité.       
Lorsque l’heure du stage a sonné, elle s’est empressée de s’inscrire à la RTBF où elle occupe d’ailleurs, actuellement, un poste d’assistante de réalisation.
Pendant sa formation, la chaîne publique est passée au numérique en lançant un projet appelé « Numprod ». « Je n’avais pas froid aux yeux. Je baignais dans le monde virtuel depuis un bon moment et avais appris à me débrouiller à l’ULB.   Mes compétences techniques se sont donc tout naturellement  améliorées et ce de manière considérable », explique-t-elle.
Outre la fonction qu’elle occupe dans le secteur de l’audiovisuel, Claire exerce le métier d’éditrice en ligne à La Libre Belgique où elle a été engagée il y a quatre mois.
La jeune journaliste avoue qu’il convient d’endosser le costume de Rémy Bricka en vue de mener ce travail à bien. « La polyvalence est de mise ! On doit pouvoir fournir des solutions techniques et jongler avec tous les médias »
Suivi des dépêches et des sites concurrents, hiérarchisation des informations, élaboration de la « revue web », mise en page, introduction de liens, incorporation de photos ainsi que des émissions de la radio «Twizz » : voilà les étapes qui ponctuent son quotidien.
« Il y a une vieille caméra couverte de toiles d’araignées qui traîne pitoyablement à côté des ordinateurs de la rédaction… J’ambitionne de la ressusciter. J’aime le travail de terrain : j’ai été formée pour ça. Et je connais tous les secrets du montage ! Pourquoi se contenter des vidéos d’agences alors qu’on pourrait poster  des images exclusives signées ''Libre Belgique''? C’est un projet qui me tient à cœur », déclare-elle.
Claire a acquis les atouts requis pour ce poste au sein de son Alma Mater. Elle les doit, sans conteste, à l’approche pluridisciplinaire de l’ULB. Elle travaille, en outre, dans le respect des règles de la déontologie et procède, sans cesse, au recoupement des informations. Une qualité qu’elle doit à un certain Jean-Jacques Jespers.
Le poids de l’apprentissage sur le terrain est, néanmoins, considérable.   
« En ce sens, il importe de s’investir au-delà de l’université », conclut-elle.
A bon entendeur…

Magda Manolopoulou